Méthode de travail
On peut travailler avec une intelligence artificielle sur un projet. On peut aussi travailler sur l'intelligence artificielle elle-même — pour qu'elle livre, la fois suivante, ce qu'on attendait vraiment. Voici comment un défaut d'un millimètre a produit une méthode.
Après plusieurs semaines de travail commun sur des sites web, un même agacement revenait. Le travail demandé était fait. Mais il manquait toujours ce qui aurait dû suivre naturellement de la demande.
Il y a des choses qui ne se font pas que je crois qui devraient normalement se faire, avec un peu d'initiative, un peu d'effort de réflexion sur les aspects indirects de la commande que je fais.
Karl Grandmaison
Le mot juste est venu à la deuxième tentative : il manquait de la pensée d'arrière-plan. Non pas de la compétence, ni de la vitesse — mais le réflexe de regarder autour de la tâche avant de la déclarer finie.
L'exemple qui a tout déclenché tient dans un curseur. Sur le calculateur d'estimation d'un site, les glissières servent à choisir un nombre d'options. Trois demandes successives, trois livraisons conformes — et un défaut découvert par l'utilisateur.
Au départ — le curseur flotte
Demande 1 — « ajoute une ligne sous le curseur »
Demande 2 — « montre combien il y a de positions »
▲ En déplaçant le curseur de la position 1 à la position 2, on découvre que la position qu'il vient de quitter ne porte aucun repère. Les traits ont été peints à la fin de chaque intervalle : 2, 3, 4, 5. La première a été oubliée.
Après correction — chaque position porte son repère
● Le trait manquant est là, à gauche. Chaque position porte le sien, la première et la dernière comprises. C'est ce que la demande voulait dire depuis le début.
Rien n'avait été mal exécuté. Des repères avaient été demandés, des repères avaient été livrés. Le défaut est ailleurs : la demande décrivait un moyen, pas un but.
Une consigne donnée une fois s'oublie. Pour qu'une habitude tienne d'une session à l'autre, il a fallu l'inscrire à trois endroits différents — chacun agissant à un moment différent, et le second n'ayant pas besoin que l'agent s'en souvienne.
Un texte permanent qui contient la règle, l'exemple du curseur et les quatre réflexes à avoir. Il se charge automatiquement, avant même la première question. Mais au fil d'une longue session, il s'éloigne — et c'est justement là que le relâchement arrive.
Une fois, à l'ouvertureUn petit programme rattaché à l'outil, qui se déclenche à chaque message envoyé et réinjecte le noyau de la règle juste devant la demande. Ce n'est plus l'agent qui se souvient : c'est la machine qui le lui rappelle, à tous les coups.
À chaque commandeChaque livraison se termine par une ligne « Vérifié autour : … » qui énumère ce qui a été contrôlé au-delà de la demande. Une réflexion silencieuse ne se distingue pas de son absence ; celle-ci se constate, et ses trous se voient.
À chaque livraisonQuatre cent vingt et un caractères — environ 120 jetons par commande. C'est le prix pour que la règle ne dépende plus de la mémoire de personne.
Les quatre points du rappel ne sont pas une liste de politesse. Chacun désigne un endroit précis où le travail se révèle incomplet.
La leçon n'est pas technique. Elle est qu'un agent d'intelligence artificielle n'est pas un outil figé qu'on subit : c'est un collaborateur dont on peut corriger les habitudes, à condition d'inscrire la correction quelque part de durable plutôt que de la répéter à chaque fois.
Deux chantiers coexistent, donc. Il y a le projet — un site, un calculateur, une offre. Et il y a le profil de celui qui aide à le faire. Le second se construit plus lentement, mais il sert tous les projets suivants.
Le défaut d'origine tenait dans un trait blanc d'un pixel, absent d'une position sur cinq. Sa correction tient maintenant dans trois couches qui s'appliquent à tout ce qui sera livré ensuite.
Cette page grandira. Chaque fois qu'une leçon nouvelle apparaît sur la façon dont nous travaillons ensemble, elle est ajoutée ici — à la même adresse. Ce qu'on lit aujourd'hui est un état, pas une conclusion.